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Je matte que des trucs trop bien en ce moment...

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La nuit des pétrifiés

aka: La plus longue nuit du diable, the devil's nightmare, vampire playgirls, au service du diable, castle of death, nightmare of terror, la notte piu lunga del diavolo, succubus, la terrificante notte del demonio, the devil walks at midnight, the devil's longest night
Genre: Fantastique
Pays: Belgique/Italie
Année: 1971
Réalisateur : Jean Brismée
Avec : Jean Servais, Daniel Emilfork, Erika Blanc, Jacques Monseau...


Rédiger cette critique me pose un problème que j’ai du mal à contourner : comment rendre compte des qualités et des défauts de La nuit des pétrifiés en essayant d’être le plus objectif possible ? Parce que si le film n’est évidemment pas exempt de défauts, il appartient à un genre et à un style qui est si cher à mon cœur que ses défauts deviennent à mes yeux d’évidentes qualités… Du coup il vous semblera sans doute étrange que je parle de ce petit film d’horreur occulte typique des années 70 comme d’un chef d’œuvre intemporel qui marqua à jamais le septième art de sa virtuosité flamboyante.
Si c’est effectivement ce que je pense, mon honnêteté m’empêche toutefois de décrire ce film en ces termes élogieux. Pourtant il n’en reste pas moins que La nuit des pétrifiés est un très bon film fantastique qui ravira les fans du genre.

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Le film débute par un prologue très étrange, mais qui a le mérite de tout de suite nous plonger dans l’ambiance. L’image est en noir et blanc, avec une teinte sépia et l’histoire se passe pendant la seconde guerre mondiale et des bombardements font rage. Une femme pousse des gémissements. Elle est enceinte, et son mari, un officier nazi : le Baron Van Rumberg, attend avec angoisse la naissance dans la pièce à coté. La femme finit par mourir en couche, mais l’enfant vit. Cependant lorsque la sage-femme lui annonce qu’il s’agit d’une fille, le père transperce l’enfant de sa baïonnette après l‘avoir baptisé.
Quelques années plus tard, la guerre est terminée et on retrouve le Baron vieillissant à accueillir sept touristes égarés dans son château. Lors du repas il leur apprend être victime d’une malédiction : un de ces ancêtres ayant signé un pacte avec le diable, toutes les filles aînées de la famille Van Rumberg seront des succubes…

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Après cette introduction choc qui nous montre quand même un gros plan d’un bébé poignardé, le film prendra des allures plus classiques, en apparence du moins. Ainsi le déroulement de l’intrigue n’échappe pas aux quelques clichés inhérents au genre : le groupe de touristes s’égare alors que la nuit tombe, puis demande son chemin à un vieil homme sinistre qui se trouve là comme par magie. Lequel homme sinistre désigne évidemment un château non moins sinistre comme le lieu idéal ou passer la nuit.
Les différents personnages qui composent le groupe de touristes sont assez caricaturaux, il y a le prêtre, le cynique cartésien qui ne croit pas au surnaturel, les jeunes femmes impressionnables et les hommes rivalisant de courage pour obtenir les grâces des jeunes femmes… A priori rien de très original dans tout ça, de même quand un majordome (sinistre également) informera les touristes d’un air grandiloquent des différents drames qui ont marqués l’histoire du château. Bref du classique, mais ces éléments en apparence commune échappent assez habilement à la lourdeur habituelle des poncifs grâce à une mise en scène plutôt soignée. Le réalisateur a ici la judicieuse idée de recourir à ces techniques narratives déjà bien rôdées pour rendre son film efficace. Et toute la description du château prend alors des airs de train fantôme généreux qui a largement de quoi combler les amateurs. Les spectateurs suivent donc avec une mine réjouie l’exploration du château, les sales aux contours gothiques qui rappellent fortement les films des mythiques studios de la Hammer, les instruments de tortures médiévaux entreposés au grenier… Via ces stratagèmes, le film distille petit à petit une ambiance très particulière, qui évoque à la fois les récits d’Edgar Allan Poe par ses décors et un certain surréalisme issu des éclairages très travaillés du film.

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Mais La nuit des pétrifiés ne se résume pas à ça, au contraire le film regorge de très bonnes idées. Comme tous ces meurtres très astucieux, tous reliés aux sept péchés capitaux, et que la succube perpètre avec un machiavélisme des plus réjouissants. Des meurtres souvent montrés par une caméra parfois complaisante, même s’il ne faut pas s’attendre à des effusions de sang et des débordements gores. Surtout que les effets spéciaux cheap ont quelque peut perdu en crédibilité. Mais bien loin de nuire au film, cela lui apporte en plus une touche de charme désuet qui ravira les spectateurs nostalgiques.
Mais si les effets spéciaux sont quelque peu datés, les maquillages et le jeu des acteurs se révèlent au contraire excellents en tous points. Daniel Emilfork et son visage si particulier n’a pas du tout besoin de maquillage pour jouer un Satan des plus savoureux. Saluons à ce titre la VF qui le dote d’un délicieux accent de l’est très seyant (même si ladite VF est relativement approximative dans d’autres passages du film). Ensuite, Erika Blanc non contente de posséder des formes à se damner, se révèle très bonne actrice. Elle est très convaincante dans son rôle alternant des passages où elle joue la séduction, apparaissant alors lascive et sensuelle, et les passages terrifiants ou elle nous glace les sangs au moyen d’un maquillage blafard du plus bel effet.
Si l’on ajoute encore une musique, très belle, dont le thème sirupeux et envoûtant colle parfaitement à cette atmosphère gothique héritée du cinéma italien des années 60, on a là un film très réussi. Jean Brismée signe donc avec La nuit des pétrifiés une authentique réussite du film fantastique belge (chose assez rare pour qu’elle mérite d’être soulignée !).
Et j’invite donc tous les amateurs de films d’horreur à découvrir ce petit bijou hélas trop méconnu.

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25.7.07 17:05


Meilleur film au monde?

 

Le carnaval des âmes

Carnival of souls
Genre: Fantastique/épouvante
Pays: Etats Unis
Année: 1962
Réalisateur : Herk Harvey
Avec : Candace Hilligoss, Frances Feist, Sidney Berger, Art Ellison…

Le carnaval des âmes est le seul film que réalisa le pourtant productif Harold « Herk » Harvey. En fait le réalisateur est également l’auteur de centaines de documentaires à l’usage d’entreprises ou d’associations diverses.
L’idée du film lui vient à la fois de la nouvelle An occurrence at Owl Creek Bridge de Ambrose Bierce et de la visite d’un parc d’attraction situé près de Salt Lake City dont l’atmosphère le marque. Et même si pour écrire le script et réaliser le film il s’entoure de collaborateurs variés (dont son ami John Clifford), Le carnaval des âmes reste un film très personnel et intime : Herk Harvey en est ainsi le scénariste, le réalisateur, le producteur et il y joue même le rôle de l’homme mystérieux qui poursuit l’héroïne.

Le film nous conte donc l’histoire de la jeune Mary, qui se trouve embarquée dans une course entre la voiture conduite par ses amies, jeunes délurées typiques des années 60, et une voiture conduite par des garçons fiers et moqueurs. Mais la course tourne au drame quand la voiture des filles fait une embardée et finit sa course dans l’eau boueuse d’une rivière profonde.
Les témoins s’affolent et les secours se démènent, très vite des recherches sont organisées et on drague l’eau de la rivière, sans succès. Seule Mary finit par réapparaître à la surface, le visage couvert de boue et l’air hébétée.
Organiste d’église, elle quitte la ville une fois remise, à la recherche d’un autre endroit ou vivre et travailler. Mais une fois sur la route elle se sent poursuivie et devient la témoin d’apparitions fantomatiques de plus en plus fréquentes…

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Une histoire bien étrange, que Herk Harvey tournera en 3 semaines avec un budget de seulement 30 000 dollars. De l’écriture à la production, il ne se sera écoulé que 2 mois. Le film est tourné en 16 mm (mais sera gonflé en 35 mm pour l’exploitation en salles) et en noir et blanc, pour des raisons budgétaires principalement. Mais le noir et blanc lui donne aussi un aspect surréaliste et stylisé, proche de l’expressionnisme cher aux cinéastes allemands. Et finalement bien plus que le scénario ou l’interprétation, c’est cette mise en scène pertinente et inspirée qui fait de ce film un des chefs d’œuvres les plus marquants de l’histoire du cinéma.
En véritable chef d’orchestre sûr de son talent, Herk Harvey donne naissance à une atmosphère nimbée de mystère et d’épouvante qui s’insinue insidieusement d’abord parmi les personnages du film, puis très vite parmi les spectateurs. Telle une construction implacable et subtile, cette ambiance se nourrit de tous les éléments du film. Le scénario, qui bénéficie d’une narration limpide et parfaitement huilée, laisse planer beaucoup de zones d’ombres aptes à laisser courir notre imagination. Il contient également bon nombre de trouvailles narratives et visuelles particulièrement habiles (le dénouement notamment avait fait son petit effet à la sortie du film en 1962). Mais paradoxalement la force principale du scénario c’est sa capacité à nous faire progressivement oublier le déroulement strict de l’intrigue au profit de l’inquiétante étrangeté de l’histoire. Arrivé à un certain stade du film, ce qui importe ce n’est plus comment l’histoire va finir, mais au contraire qu’elle ne se finisse pas. Pas que le charme bizarre qui se dégage des images ne cesse pas, et que ça continue. Le carnaval des âmes est assurément un film très envoûtant, qui nous emporte tout entier avec lui pour ne jamais totalement nous laisser repartir. Envoûtante, la musique l’est aussi. Les partitions d’orgues qui nimbent le film d’un air lugubre et bizarre participent aussi à l’élaboration de cette atmosphère pleine de charme et de maléfices. Cette mélopée étrange, en plus du symbolisme très fort lié à son rôle dans l’histoire, joue un rôle voisin dans la réalité dans la mesure ou elle envoûte aussi le spectateur et le plonge véritablement dans le film.
Les acteurs sont là pour donner corps à cette étrange fantasmagorie. La jeune Mary est campée par Candace Hilligoss qui pousse son jeu jusqu’au bord de la folie. Enfin toutes les créatures fantomatiques qui s’imposent à elles impressionnent par leur maquillage (visage blafard, yeux soulignés de noir). Mais c’est surtout la mise en scène qui leur donne une présence réelle et inquiétante. Ces scènes où on les voit s’approcher inexorablement de la caméra, les yeux comme braqués sur nous, ne sont pas simplement hypnotiques, mais diffusent un sentiment de terreur pure qu’on a bien du mal à contrôler. Herk Harvey a réussi à créer avec ces êtres des sortes de fantômes universels et inhumains, leurs mouvements glacés et leur silence inquiétant terrifient encore plus de 40 ans après la sortie du film.
La mise en scène et le caractère surréaliste du film créent une ambiance irréelle, et brouillent les frontières entre fantasmes et réel. Dans cette zone ambiguë, perdue entre deux mondes que tout oppose, n’importe quoi peut arriver, et l’apparition de ces êtres étranges qui semblent échapper à toute définition devient vraiment inquiétante.

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Bref, Le carnaval des âmes est une de ces œuvres rares, où chaque élément du film se révèle pertinent et utile. C’est un film qui, malgré le budget et le peu de temps de tournage, témoigne d’une incroyable maîtrise de la mise en scène et de la narration. Un film sans doute très cher à son auteur, qui y insuffle quelque chose d’indéfinissable et de novateur, ce qui explique l’impact qu’il a eu sur le cinéma en général. Les oeuvres de Polanski, Burton, et surtout Lynch lui doivent énormément. La présence qu’ont à l’écran des personnages tels que Denis Hopper dans Blue velvet ou l’homme mystérieux de Lost Highway est directement héritée du film de Harvey. Romero s’en inspire aussi pour ses zombies dans Night of the living dead, et Shymalan reprend certains principes narratifs pour son Sixième sens. Ce film continue de fasciner encore aujourd’hui et sans doute malgré le talent des réalisateurs qui s’en inspirent ne sera-t-il jamais égalé tant son impact demeure encore fort…

Enfin, à titre informatif uniquement signalons que ce chef d'oeuvre à donné naissance en 1998 à un encombrant remake, réalisé par Adam Grossman et produit par Wes Craven, qui n'a retenu que très peu d'aspects de l'original et qu'il est recommandé d'éviter comme la peste.

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20.7.07 09:34


Naked Weapon

C'est en cette période estivale blockbusterisante où un truc nommé Dead or alive s'apprête à sortir dans nos pauvres cinéma qui n'en demandaient pas tant qu'il est bon de voir des films comme Naked weapon pour comprendre à quel point le truc de Corey Yuen (réalisateur, rappelons le, du Transporteur aka "le film le plus mal chorégraphié du monde", et du Transporteur 2, logiquement sous titré "la suite faisandée du film le plus mal chorégraphié du monde" ) sera à la ramasse.
Bon cela dit je n'ai pas encore vu Dead or alive que j'en dit déjà du mal... est-ce hâtif et infondé? je ne crois pas, regardez plutôt ça:
http://fr.youtube.com/watch?v=qdq5l3fQFPQ
Edifiant, n'est-ce pas?
Après avoir vu ce trailer moisi ou des pétasses siliconées se battent (dans des chorégraphies moisies et incompréhensibles, marque de fabrique éternelle de ce gros beauf de Corey Yuen) contre des vilains dictateurs tout en enfilant des soutifs (sans que jamais le moindre téton ne pointe à l'écran!!!) comment douter de la grosse bouse que sera ce film?
J'entends déjà les critiques me dire oui mais c'est adapté d'un jeu vidéo c'est fait que pour distraire le public, les films c'est pas fait pour réfléchir bla bla bla...
Soit, mais c'est là qu'intervient le fameux Naked weapon!
Car si vous trouvez sexy les poupées barbies lobotomisées de Dead or alive, c'est que vous n'avez pas vu Naked weapon (ou que vous êtes un beauf en culotte courte qui accepte béatement, la bouche ouverte et la bave qui coule sur le menton, toutes les merdes que l'establishment manipulateur et condescendant vous balance sur la rétine éteinte. Mais ce type de personne ne fréquente pas mon blog heureusement, du moins j'espère hahaha)...

Mais bref, à ce stade là vous devriez vous demander deux choses:
-Qu'est ce que c'est que Naked Weapon?
-Va-t-il enfin en parler ou se contente-t-il de critiquer bêtement et vainement l'autre truc adapté du jeu vidéo?

Eh bien oui je vais en parler, avant c'était juste pour introduire et pour me défouler en critiquant gratuitement un film.
Donc Naked Weapon vous l'aurez compris, est un film très proche de Dead or Alive dans ce qu'il offre: des filles et des combats. Sauf qu'il nous en donne pour notre argent cette fois.
Le film raconte donc l'histoire de filles kidnappées dès leur enfance, puis soumises à un entraînement militaire hardcore destiné à en faire de parfaites tueuses à gage. On suit donc la destinée de deux filles qui vont se rapprocher l'une de l'autre durant l'entraînement jusqu'à devenir amies. Mais une fois sorties du camp d'entraînement elles devront affronter yakuzas et policiers...
Mais de toutes façons l'histoire est secondaire dans ce type de film, et le scénario est surtout là pour enchaîner les combats et les scènes sexy...
Et le film remplit parfaitement son cahier des charges! On a donc droit à des bombes sexuelles qui se trémoussent et qui usent des prises kung fu tout au long du film. En fait le seul défaut du film est peut-être d'avoir échappé à la fameuse catégorie 3 (Qui concerne les films abusant de sexe et de violence à Hong Kong) et donc de ne pas aller jusqu'au bout de son concept. Mais quand même, ce qu'il reste est suffisamment sexy et rythmé pour ravir les amateurs. De plus si on n'échappe pas à quelques clichés (les filles maigrichonnes et au physique formaté, la love story entre la gentille tueuse et le flic, et les ralentis pendant les combats agrémentés de "wousssssh" sonores pour bien montrer que le kung fu, ça fait du vent...) le film s'offre quand même quelques écarts jubilatoires comme lors du combat final ou le réalisateur n'hésite pas à abîmer la gueule de minette de son héroïne avec nombre d'hématomes violacés et d'hémorragies nasales. De même les mises à mort du film sont particulièrement inventives, et on a droit à des coups de machettes, de haches, de barres de fer, des exécutions à coups de fusils, mitraillettes, bazookas et j'en passe, des gorges transpercées par des lunettes, des coups de couteaux, des décapitations, des colonnes vertébrales arrachées... liste non exhaustive! Quelques passages sont ainsi étonnamment violents et sadiques (le coup de la fille-marionnette est très bon!).
En fait Naked Weapon est un pur produit d'exploitation qui n'a d'autre but que de divertir en s'en charge admirablement. On a affaire ici à un film généreux et inventif, qu'on regarde comme un plaisir coupable!
En bon film d'exploitation le film n'hésite pas à citer des références à la pelle. On a ainsi le camp d'entraînement de GI Jane, suivi d'une sélection naturelle hardcore à la Battle Royale, des combats à la Matrix, et des missions à la Nikita. Mais le film dynamite ses modèles par son concept et son traitement généreux. bref, un très bon film qui enverra les fan de "grils with guns" au septième ciel!
Signalons pour finir l'apparition étonnante de la géniale Cheng Pei Pei (honte à tous ceux qui me demandent qui c'est !) dans le rôle de la maman d'une tueuse!

Bref, Naked weapon c'est sorti en 2002 et est disponible en DVD HK chez Mega Star, mais pas en France... pays de merde!

Voilà, sinon aujourd'hui j'ai 21 ans! Et je continue à matter mes films idiots.... c'est du propre dis donc

16.7.07 11:28


Vacances?

Merde ça fait un moment que j'ai plus rien mis sur ce blog... à croire que ma muse a foutu le camp aux bahamas ou à tahiti pour les vacances... Elle pourrais m'envoyer une carte au moins!

(quel post ridicule hein, je vais essayer de me bouger pour faire mieux!)
12.7.07 22:03


Attention, ceci n'est pas une critique...

mais une déclaration d'amour au plus beau film de cette année: 

 

Persepolis

Genre: Film d’animation / Comédie dramatique, historique et autobiographique
Pays: France
Année: 2007
Réalisateurs : Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
Avec les voix de : Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux, Simon Abkarian…

Autant le dire d’emblée, ce film est une merveille ! Et un prix du Jury à cannes amplement mérité !
Persepolis raconte l’histoire de Marjane, petite iranienne pleine de rêves, choyée par des parents modernes et cultivés, qui grandit dans un pays en révolution et en guerre. Persepolis c’est aussi l’histoire d’un pays, de la révolution qui provoquera la chute du régime du Chah et l’instauration de la république Islamique et son cortège de règles morales sur la tenue et le comportement…
Adapté de la toute première bande dessinée iranienne dans laquelle la talentueuse auteur résume habilement l’histoire de ces 30 dernières années en Iran en passant par le prisme de sa vie à elle, de son ressenti et de ses sentiments.

Il en résulte donc un film à la foi personnel et fort, qui traite de sujets graves avec sensibilité, humour et humanité. Le film se situe à des lieues de toutes les productions Disney, à la fois par l’intelligence et l’engagement de son propos, que par le ton employé, frais, tendre et humoristique. En choisissant de se concentrer avant tout sur l’histoire de cette jeune femme et sur son passage à l’âge adulte, le film évite à la fois de tomber dans un moralisme donneur de leçon lourd à digérer et de faire une œuvre politique impersonnelle et ennuyeuse. En effet Persepolis attache plus d’importance à la narration d’une histoire vraisemblable et peuplée de personnages drôles et incroyablement attachants. De la petite fille aux réactions naïves et spontanées jusqu’à l’adulte lucide et à la langue pendue, le spectateur n’aura aucun mal à éprouver une sympathie profonde et réelle pour l’héroïne. La narration est de plus particulièrement bien menée, on ne s’ennuie jamais, on rit beaucoup et on éprouve beaucoup d’émotions. Marjane Satrapi a su trouver un ton juste et incroyablement approprié pour son film. Elle s’y dévoile avec humanité, elle adopte le ton subjectif, sincère et sans prétention qui convient à cette histoire. Ses talents de conteuse sont criants, et c’est sans peine qu’elle embarquera les spectateurs avec elle dans son histoire.
Le film prend aussi parti de montrer des évènements qui n’ont rien à voir avec l’histoire de l’Iran proprement dite, comme lors de ses passages hilarants ou la petite fille décrit son admiration pour Bruce Lee, va voir Godzilla au cinéma, ou Terminator à la télé. Citons également ce sublime passage où la musique de Rocky est reprise !

Mais si l’histoire de l’héroïne prend le devant de la scène, l’arrière plan engagé et historique n’en est pas moins prégnant. Persepolis est un film important, car avant tout instructif. Ce film est un témoignage sur ce qu’est devenu l’Iran. Si le trait est également parfois forcé et éminemment subjectif, il n‘en est pas moins criant de vérité dans la mesure ou il s’attache à décrire le ressenti et le vécu d’une personne. Le film s’attarde donc dans la description des conditions de vie en tant de guerre, de la révolution, et surtout des iraniens eux-mêmes. Le film est très proche des gens, de la population; et la réalisatrice a fait le choix judicieux de raconter l’histoire de l’Iran "par le bas", préférant montrer une population dans une quête quasi désespérée de bonheur et qui n’hésite pas à braver les interdit islamiques pour boire, fumer et faire la fête.
Saluons aussi la fraîcheur du ton adopté et les répliques parfois cinglantes mais tellement vraies. Comment ne pas éclater de rire alors que Marjane enfant s’exclame de manière spontanée "Eh mais c’est un connard en fait !" quand elle apprend que le Chah n’est pas "l’élu de Dieu" que vante la propagande ?
Ensuite, si Persepolis est évidemment une critique de la société islamique, l’occident en prend aussi plein la gueule, et on a droit à une description fine et lucide de nos sociétés désincarnées où on peut "crever dans la rue dans l ‘indifférence générale".
Enfin, le film est une réussite éclatante du point de vue visuel. L’animation est vraiment parfaite, et les dessins épurés en noir et blancs conviennent parfaitement à ce récit et contribuent à lui donner une touche universelle. La légèreté du ton est aussi très bien servie par ce type de dessins, sans toute fois que ceux-ci n’handicapent les passages plus graves qui nous montrent les horreurs de la guerre.
Les images sont vraiment fraîches et originales, et le film se permet de très beaux passages oniriques et poétiques, alors que d’autres ont un ton réaliste et cynique, et que d’autres encore s’approchent de 1984 d’Orwell.

Bref, Persepolis est un bijou, une œuvre intelligente et d’une rare lucidité. Mais plus que tout c’est un film humaniste qui nous fera ressentir de l’empathie pour les héros, ainsi que tout un tas d’émotions diverses. Persepolis est un film drôle, émouvant, dramatique, poétique, terrible, tendre, tragique, touchant, hilarant… C’est un film qu’on regarde les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres, un très grand film !

28.6.07 11:30


Ceci est un blog...

Et dans un blog on raconte sa vie non?
Donc je m'empresse de le faire, surtout que j'ai pas d'autres choses à raconter vu que je passe ces mornes journées estivales cloitré chez moi, protégé de la chaleur et du dehors par les volets fermés, et je végète tranquillement devant l'ordi, devant la télé et devant un chouette bouquin de
Yasmina Khadra, un chouette auteur algérien qui écrit du polar engagé et que je découvre grace à la bibliothèque...

Voilà sinon hier j'ai reçu mes résultats des partiels, 13 de moyenne, plutôt satisfaisant comme note, bref me voilà à Bac + 2...
J'en ai profité pour m'acheter le coffret dvd
Pusher, de l'EXCELLENT polar danois, que je classe sans peine parmis les meilleurs films du genre. Ainsi que la suite du Comics Walking Dead et ses zombies romeriens... faudra que je vous reparle de tout ça plus en détail ici même...

Ensuite vite fait un peu de pub, puisque je vous invite à passer voir le blog de
Mr Bitra puisqu'après une longue pause je me suis remis récemment à illustrer les scénar' de hjk.
Pub encore avec le liens du site
Tortilla livres que j'ai relooké y'a un petit moment et qui commence tout doucement à se remplir...

Et enfin dans 30 minutes exactement à partir du moment où j'écrit ses lignes je me rendrait au Conseil Général pour signer mon contrat d'embauche: au moi d'août je bosse aux archives départementales...
voilà voilà, on dirais que tout se passe comme prévu en fait, j'ai la pêche et du coups moins de trucs à raconter, donc je m'arrète là pour aujourd'hui...

ah si, vite fait quelques images pour vous présenter le chouette boulot de Ron Mueck, un sculpteur australien qui excelle dans la représentation du corps humain de manière ultra réaliste, mais disproportionnée!

 

8.6.07 12:33


Faisons péter l'audimat...

...en causant de cette bousasse qu'est Pirates des caraïbes: Jusqu'au Bout du Monde...

Et oui ! Je suis allé le voir au cinéma ! Bon pour moi c’était surtout l’occasion de revoir les potes de la fac (à ce titre saluons notre superbe organisation : il était prévu qu’on se retrouve à quatre, mais finalement un seul et venu ne plus de moi… )
Bref Pirates des caraïbes donc, blockbuster au budget monstrueux, et qui attirera d’ailleurs sans doute des recettes monstrueuses. Le cinéma dans lequel j’étais avait prévu de le diffuser dans 4 salles ! Et la salle dans laquelle je me suis retrouvé était bien remplie… Succès donc ? Pourquoi ? Sans doute parce que le film propose du divertissement accessible à tous et son contente de suivre à la lettre les codes du blockbuster sans rien inventer…
Alors certes ça donne un produit final très rythmé, et on ne s’y ennuie pas. Je ne me suis pas ennuyé en tout cas, comme toute la salle je pense. Une fille s’est retrouvée à coté de moi, elle marchait à fond pendant tout le film, riant à chaque gag et tout…

Mais ce film m’alarme quand même sur l’état actuel du cinéma « grand public ». Ce cinéma s’aseptise de plus en plus, il devient de plus en plus consensuel et standardisé, et ce pour rassembler la plus grande part de public au point d’y perdre son âme. Je m’explique, la production actuelle de cinéma grand public est de plus en plus codifiée que seule la surenchère attire. Le public veut un produit de plus en plus calibré, aussi le cinéma n’a d’autre solution que de verser dans la surenchère pour tenter de préserver un simulacre d’originalité. Evidemment on me dira que Pirates c’est pas la même chose que Transformers (pour prendre deux exemples d’actualités) parce que dans l’un y’a des bateaux et dans l’autre des robots… certes, mais quelle différence quand les deux films n’ont pour autre but que d’aligner le maximum de scènes d’actions pour en mettre pleins la vue aux djeuns, à intercaler entre des scènes d’humour douteux pour faire rire les beaufs, sans oublier une histoire d’amuuuuur pour attendrir les grands mères…
Voilà à quoi se résume ces films. Il n’y a RIEN d’autre, absolument RIEN, c’en est effrayant. Et c’est ça tout ce que le public demande ? de l’action, de l’humour et du romantisme ? Sans rien derrière ?
Parce que ne venez surtout pas me parler de scénario, de mise en scène, ou même d’acteurs… sur ce plan là,
Pirates
c’est le VIDE ABYSSAL ! Le scénario n’est qu’un vague prétexte insultant qui n’arrive même pas à lier les scènes entre elles tant il est factice. L’histoire ne porte en elle AUCUN enjeu dramatique, les personnages qu’elle met en scène ne sont que des stéréotypes confinés à ne servir que les trois éléments indispensables que j’ai cité. Orlando Bloom incarne alors le parfait héros de blockbuster : il se bat tout en comptant fleurette à sa belle de manière humoristique. Formidable ! Quel héros ! D’ailleurs Bloom est tout sauf un héros, j’ai rarement vu un acteur si fade, il atteint des sommets de non-jeu, Steven Seagal a enfin trouvé son maître. En face de lui y’a Keira Knightley, qui est si ridicule et déplacée dans son rôle vide que je la qualifierais bien de « poupée gonflable » si elle n’avait pas un physique de planche à repasser.
Les autres acteurs ? Une bande de sidekicks comiques tous plus inutiles et inintéressants que les autres…
Bref, un scénario factice et des personnages artificiels : du VIDE. Impossible de s’y intéresser ne serais-ce qu’une seule seconde. Terrifiant.
Le film ne fonctionne que sur ça. Il est complètement creux et se voit contraint de sauver les apparences en enchaînant avec une régularité métronomiques les scènes d’action, d’humour et les scènes romantiques. J’ai l’impression qu’il considère les spectateurs uniquement comme des machines froides qui réagissent bêtement et mécaniquement à ces trois stimulus… Affligeant. Et effrayant ! Parce que tous les films grands publics ne sont pas comme ça. Il me paraît clair que
Pirates
a pour ambition de concurrencer des œuvres tels que Star wars ou Le seigneur des anneaux - les points communs sont légions : des trilogies, des films d’aventures, des grands succès - Mais même si ces œuvres ne sont évidement pas exemptes de défauts et qu’on les glorifie un peu rapidement - Lucas reste malgré tout un pingre révisionniste et Jackson n’est qu’un enfant surestimé, voir divinisé - elles possédaient un souffle épique, des enjeux scénaristiques réels et surtout une vraie mythologie cohérente et passionnante qui en faisaient des œuvres denses et riches. Contrairement à Pirates
donc, qui malgré tous ces efforts reste un vulgaire empilement de scènes-clichés complètement vaines. Ce film est une sorte d’imposture, et le fait que la majeure partie du public semble s’y retrouver (mêmes des critiques qui semblent apprécier le coté « aventure » du film) augure un nivellement par le bas que je trouve plutôt dommage.
Les gens ne s’intéressent plus qu’à des images, certes jolies, mais totalement vides de sens. Pirates est un film dans lequel on ne s’ennuie pas, mais qui est tellement vide, inutile et inintéressant, qu’on l’oublie aussitôt après l’avoir vu…
Et c’est peut-être ça le secret des blockbusters, vu qu’on oublie ce qui s’y passe, les producteurs pourront, au prochain film, refiler la même merde au public qui en redemande….
Triste…

5.6.07 14:58


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