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Textes

Suite!

Depuis tout gamin, la plus grand phobie de Harry c’était les araignées. Ces bestioles le répugnaient, avec leur huit pattes velues qui gigotaient comme autant de doigts crochus et gluants. Et il avait toujours considéré sa rencontre avec une mygale d’Amazonie lors d’une excursion dans un vivarium alors qu’il avait 8 ans comme la chose la plus horrible qui lui était jamais arrivée.

Et bien à partir de maintenant, ce souvenir n’allait être plus que le deuxième plus horrible de sa vie. Parce que quand il reprit connaissance après son agression, il se retrouva nez à nez avec une chose plus répugnante encore. Au début il n’y avait vu qu’une forme floue et vaguement orange dans la lumière du lampadaire. Il était groggy et ses sens n’avaient pas encore toute leur acuité. Mais au fur et à mesure qu’il revenait à lui la chose posée sur son torse prenait forme. Et son dégoût grandissait proportionnellement. Cette chose sur lui, c’était une main.

Une main humaine, découpée au niveau du poignet et grouillante de vers. Elle était poisseuse et froide. Il sentait son poids humide peser sur sa poitrine. Et, comble de l’horreur, il pouvait voir les petits corps blanchâtres des asticots ramper sur son sweat-shirt.

Harry se releva instantanément en poussant un petit cri de dégoût. Il s’agita dans tout les sens en frottant énergiquement ses habits. Il faisait de grands gestes désordonnés et paniqués en criant.

Au bout d’un moment il finit tout de même par se calmer. La main était retombée au milieu des autres ordures et il n’avait plus d’asticots sur lui.

A bout de souffle il s’adossa à un mur, le plus loin possible de la main, et se força à respirer lentement et calmement.

Il faisait nuit et tout autour de lui était silencieux. Seul le passage de quelques voitures au loin troublaient le calme de la nuit. Les malfrats l’avaient abandonné dans cette ruelle coincée entre deux immeubles décrépis. Elle devait servir de vide ordure aux habitants du quartier car on distinguait la forme de tas de sac poubelles dans la lumière chiche dispensée par un unique lampadaire fatigué. Mais cela n’expliquait pas la présence d’une main humaine au milieu des détritus.

Toutefois Harry n’avait pas envie de penser à ce nouveau mystère. Il était fatigué, avait mal aux jambes, au ventre, aux bras, à l’épaule et à la tête. Les deux malfrats lui avaient pris sa montre, son porte-feuille et sa gourmette en argent. Ses chaussures étaient trempées et il commençait a avoir froid.

Il ne parvenait plus à retrouver son chapeau, qui devait être enfoui au milieu des ordures. Mais il n’y attachait plus vraiment d’importance, il se sentait ridicule dans son déguisement de pacotille. Et surtout il ne se sentait plus à la hauteur dans la tâche que lui avait confié Lola. Il n’était pas fait pour ce genre de boulot, et la réalité le lui avait rappelé de la plus cruelle des façons. Dépité il jeta son imperméable au milieu des détritus et rentra chez lui d’un pas lourd. Le lendemain il annoncerait à Lola qu’il abandonnait l’affaire. Elle allait être déçue mais il n’avait pas le choix.

Toutefois quelque chose le fit brusquement changer d’avis.

Alors qu’il arrivait devant la porte de son appartement, il vit avec stupéfaction la porte de l’appartement voisin s’entrebâiller. Au point où il en était, Harry était persuadé qu’il allait voir sortir le mari de Lola armé de quelque tisonnier pour le frapper et le punir de l’avoir suivit ce matin.

Mais ce fut elle qui sortit. Elle ne portait que sa chemise de nuit et marchait sur la pointe des pieds. L’air visiblement inquiète, elle chuchota à l’adresse de Harry :

-Ca va ?

Le cœur de Harry bondit dans sa poitrine quand il vit de si jolis yeux remplis d’inquiétude pour lui. Il ne put qu’articuler un vague « oui, oui, ne vous inquiétez pas » en rougissant.

-Je vous raconterais quand j’aurais plus d’informations, s’empressa-t-il d’ajouter, au revoir !

Lola lui sourit en retour, et ils rentrèrent tout les deux dans leurs appartements respectifs.

Harry n’arrivait pas à réprimer le sourire qui lui venait aux lèvres. Il n’en revenait pas. Elle l’avait attendu et s’était inquiétée pour lui !

Il ne pouvait pas décemment la laisser tomber. Et il allait poursuivre sa filature. Enfin la recommencer plutôt. Il avait été stupide d’agir comme s’il était dans un roman policier. Et demain il allait s’habiller de manière normale et faire bien plus attention où il mettrait les pieds. Il allait essayer de se renseigner sur le métier de Frank. Sur ses habitudes, s’il avait des ennemis, des gens qu’il pouvait craindre. Bref, il allait réfléchir avant de se lancer tête baissée dans un nouveau guêpier.

Mais avant tout, il allait prendre un bain et jeter ses vêtements qui empestaient.


 

Le lendemain matin il se vêtit le plus normalement possible et alla se poster dans le café qui faisait face à son immeuble en attendant la sortie du mari de Lola. Il sirotait un café noir en observant tout les gens qui sortaient de l’immeuble. Il avait prévu de suivre Frank jusque au bar d’hier ou jusqu’à l’endroit où il le conduirait, puis il retournerait voir Lola pour l’interroger sur son mari.

Celui-ci finit par sortir de l’immeuble peu de temps avant 8 heures. Harry paya son café et lui emboîta le pas à bonne distance.

Cette fois ci, Frank le conduisit dans la direction opposée au bar. Harry nota qu’il portait le même costume et le même attaché-case qu’hier. En fait il avait le profil type du cadre moyen. Ce qui rendait son passage dans un bar miteux le matin plutôt étrange. Et sa disparition dudit bar encore plus. De même il ne se dirigeait pas du tout vers le centre de la ville, mais s’avançait dans un quartier qui semblait aussi peu recommandable que celui de la veille. Pourtant Frank semblait savoir où il allait et avançait d’un pas sûr.

Mais tout à coup, il s’arrêta et se retourna brusquement. Il dévisagea Harry avec un air horrifié, puis il repartit aussitôt en courant comme s’il avait vu le diable.

21.10.07 10:28


Du nouveau!

Après avoir abandonné ce blog pendant un sacré bout de temps tout de même, voilà que j'y reposte! Je sais pas si j'ai encore beaucoup de visiteurs mais bon, sait-on jamais!

Voilà, donc tout d'abord une nouvelle image d'en-tête et de nouvelles couleurs accompagnent ce renouveau! Un rose bien putride sert de fond à la colonne de gauche, et des tentacules gluants prennent la place de mon oiseau mort!

Ensuite le contenu, le plus important!
En attendant de nouveaux dessins, je publierais par épisodes une longue nouvelle dont je suis l'auteur!
Le principe est très simple, chaque semaine je rajouterais la suite (pour ne pas décourager ceux que les textes longs rebutent d'une part, et pis pour tenter maladroitement de fidéliser mes visiteurs!)
Evidemment je reste ouvert à toutes vos critiques et avis, qui demeurent très importants pour l'évolution du texte, n'hésitez donc pas à me signaler les fautes d'orthographes qui m'auront immanquablement échappé, les erreurs dans la narration, ce qui ne fonctionne pas dans l'histoire, bref si ça vous plaît ou pas...

De même la mise en page sera peut-être amenée à changer, pour rendre la lecture plus agréable que sur le fond noir, je verrais au fur et à mesure...

Bref, sans plus tarder, voilà le début de mon texte intitulé Un sac d'emmerdes


Le sac poubelle se déchira dans un grand fracas d’ordures brisées quand il atteignit Harry O’Neil à l’épaule. Mais déjà à moitié inconscient, il ne remarqua ni la douleur ni l’odeur que dégageaient à présent ses vêtements. En fait la seule pensée qui lui soit venue avant qu’il ne sombre dans l’inconscience était que sa toute première enquête démarrait plutôt mal : il s’était ridiculisé, il avait heurté à plusieurs reprises les pavés d’une ruelle sordide, on l’avait roué de coups, on lui avait pris son portefeuille et on l’avait jeté au milieu des ordures et des flaques d’eau croupie…
Tout avait commencé quand sa voisine avait toqué à la porte de son appartement. La soirée était déjà bien avancée et Harry était occupé à consolider la pile formée par la vaisselle sale pour qu’elle ne s’écroule pas hors de l’évier. L’opération était délicate puisque cela faisait maintenant deux semaines que poêles, casseroles et assiettes s’entassaient dans le plus parfait désordre. Harry était concentré sur sa tâche et c’est à peine s’il avait entendu les coups timides contre sa porte. Finalement, laissant la pile en équilibre instable, il avait ouvert à sa voisine.
La voisine de Harry était une jolie jeune femme appelée Lola Moon. Elle était belle, mince et sportive. Son visage  ovale était animé par de grand yeux verts en amandes et des lèvres d’un rouge intense. Ce soir là elle portait une robe à fleurs très courte, qui laissait apprécier ses longues jambes fuselées. Ses cheveux bruns et bouclés était retenus par un bandeau fait dans le même tissu que la robe, et ses yeux, habituellement pétillants, exprimaient de la détresse et de l’angoisse.
Elle était entrée dans l’appartement de Harry dès qu’il avait ouvert la porte. Et sans aucune forme de politesse préalable elle s’était lancée dans une explication désespérée du malheur qui l’accablait : Franck, son mari avait un comportement bien étrange ces derniers jours, il semblait fuir quelque chose qui l’effrayait, et elle ne savait quoi. Elle avait tout d’abord commencé à douter de sa fidélité, avant de craindre quelque chose de pire encore et à présent elle s’imaginait de terribles affaires de drogues et de meurtres. Quand elle avait essayé d’aborder le problème avec lui, il avait changé de sujet. Il faisait comme si de rien n’était mais elle voyais bien que quelque chose n’allais pas. Elle n’en pouvait plus et il fallait qu’elle sache…
Concentré sur les mouvements fascinants que faisait la poitrine de Lola tandis qu’elle parlait et s’agitait, Harry ne prêtait qu’une oreille distraite à toute son histoire. C’est à peine s’il l’entendit lui demander :
-Ne voudriez vous pas mener votre enquête et le suivre quelque temps pour savoir de quoi il retourne ?
C’était là exactement le type d’affaire que tout détective privé aurait refusé tant elle sentait les ennuis. Hors précisément Harry n’était pas du tout détective privé, aussi accepta-t-il sans trop se rendre compte dans quoi il s’engageait. Sur le moment ça lui avait même semblé être une excellente idée, d’une part parce qu’en tant qu’amateur de polars l’idée de jouer les détectives amateurs le séduisait énormément, et d’autre part parce qu’en tant qu’homme, il trouvait Lola énormément séduisante…
Ainsi, le lendemain matin il avait commencé sa filature, revêtu d’un imperméable trop grand pour lui et d’un chapeau mou. Non pas pour que son voisin ne le reconnaisse pas mais parce qu’il trouvait qu’il avait une classe terrible dans ces vêtements. Il avait même déniché une pipe dans les affaires de son vieux père, mais constatant qu’elle ne le faisait pas tant que ça ressembler à Bruno Crémer dans les Maigret, il avait laissé tomber ce dernier accessoire.
Il avait donc suivit Frank, le mari de Lola de son immeuble jusqu’à un bâtiment situé trois pâtés de maison plus loin.
La baraque était dans un piteux état. Les murs étaient d’un gris sale et parcourus de profondes lézardes. On y entrait par une porte vitrée crasseuse à la peinture écaillée. Et à coté de cette porte, il y avait une vitrine où étaient collées des affiches publicitaires pour des alcools, permettait d’identifier la bâtiment comme étant un bar. Il y avait aussi une enseigne au néon au dessus, mais la moitié des lettres étaient éteintes ou cassées. Harry ne pouvait lire que TO..E.. B.R sans parvenir à deviner quelles lettres manquaient, hormis le A de BAR.
Frank, malgré son costume et son attaché-case qui ne cadraient pas du tout avec le décor, y était entré sans hésiter.
Harry avait décidé d’attendre qu’il en ressorte pour continuer sa filature.
Mais il n’était pas ressortit.
L’apprenti détective était embêté, il n’avait pas prévu ça. Et il n’avait d’autres solution que d’entrer dans le bar à son tour, même si l’établissement aux façades décrépies ne l’inspirait pas des masses. Il avait alors pris une grande inspiration et fait un pas en direction du bar. Mais c’est à c’est instant précis que les choses avaient dégénérés: A peine eut-il fait son pas qu’un type le retint par la manche et lui dit d’un voix méchante :
-Hé, le clown, où tu vas comme ça ?
-Moi, mais je… avait bredouillé Harry en se retournant.
Il s’était trouvé face à deux loubards à l’air cruel. Et l’un d’eux avait un couteau dans les mains.
-Allez tu va nous filer tout ton pognon sans faire d’histoires.
-Quoi ? mais…
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que le premier bandit attaqua. Harry reçut une méchante droite au creux de l’estomac. Le souffle coupé, il s’écroula. Et les deux loubards en profitèrent pour le rouer de coups de pieds. L’attaque avait été si soudaine qu’il n’eut même pas le temps de se rendre compte de ce qui lui arrivait. Les truands le dépouillèrent, puis ils le jetèrent sans ménagement au fond d’une ruelle, sans oublier de lui assener un dernier coup avec un sac poubelle.
Harry perdit alors connaissance.

12.10.07 09:29


Grosse bête noire et visqueuse!

 


Alien, le huitième passager

Alien
Genre: Horreur, Science fiction
Pays: Etats Unis
Année: 1979
Réalisateur : Ridley Scott
Avec : Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Veronica Cartwright, Ian Holm...



Le Nostromo est un vaisseau commercial qui rentre sur terre avec a son bord 7 employés d’une grande société et une importante cargaison de minerais. Le vaisseau dévie de sa route originelle pour répondre à un appel de détresse provenant d’un vaisseau écrasé sur une planète déserte. Alors que les membres de l’équipage explorent le vaisseau, l’un d’eux se fait attaquer par une étrange créature arachnéenne qui se colle à son visage…



A l’origine de ce film il y a le scénariste prolixe Dan O’Bannon. C’est lui qui imagine toute cette histoire de monstre dans l’espace, infectants les corps dans lesquels il loge. Cependant cette trame n’est pas vierge d’influences. On peut ainsi citer les monstres spatiaux des Vampires de l’espace de Mario Bava, ou encore les parasites organiques de Frissons de David Cronenberg. Signalons aussi que le scénariste livre un premier jet de son histoire pour Dark Star, le film d’étudiant de Carpenter tourné 5 ans avant le film de Ridley Scott.
Si le film est tributaire de ces influences, il va cependant bien plus loin. Alien n’est absolument pas une copie sans intérêt de films antérieurs, mais un excellent film qui développe au contraire un univers inédit et une histoire passionnante à plus d’un titre.
Alien sort en 1979, période où la science fiction est un genre éminemment rentable : le succès mondial de Star Wars deux années plus tôt est encore présent dans tous les esprits. Mais là où l’argument science-fictionnel du film de Lucas sert à raconter une histoire d’aventure et d’action, Alien lorgne beaucoup plus vers l’horreur la plus brute. Le film de Scott se distingue du « space opera » par bien des points et en prend même le contre pied : à l’intérieur des vaisseaux fait de métal aseptisé, lisse et lumineux, Alien oppose un Nostromo, sombre, et étouffant. Le film est un huis clos inquiétant : les couloirs sombres et les réduits obscurs rendent très vite les spectateurs claustrophobes. Le film installe une ambiance oppressante totalement opposée au souffle vertigineux de l’aventure et de la liberté que prône Star Wars. De même, il n’y a pas de vaisseaux capables de voyager à la vitesse de la lumière, au contraire le film est caractérisé par la lenteur et une quasi-immobilité : les vaisseaux spatiaux sont lourds et patauds, les voyages sont difficiles et longs. En cela Alien s’inscrit dans une optique beaucoup plus réaliste, les voyages spatiaux sont contraignants de même qu’au XVIIème siècle la conquête de l’océan et les voyages transatlantiques étaient longs et dangereux. Enfin la lenteur est aussi présente dans les actions humaines, engluées dans des procédures administratives lentes. Les héros de Alien appartiennent à la catégorie la plus basse de la société et sont soumis à de nombreux règlements coercitifs.
Le film explore ainsi une part beaucoup plus sombre de la science fiction.

Alien reprend tout de même le thème galvaudé de la peur de l’inconnu (pensons à tous ces films de monstres des années 50, allégories de l’autre dont on a peur). Le titre du film, et donc le nom donné à la créature est tout à fait explicite : alien signifiant « étranger » dans la langue de Shakespeare. L’alien est donc une créature inhumaine, autre, et effrayante car mystérieuse. La créature fait peur par sa morphologie autant qu’elle nous fascine. Protéiforme, la créature mue au fur et à mesure de sa croissance, et Ridley Scott exploite terriblement bien cette caractéristique : si le look de l’alien est aujourd’hui connu de tous, n’oublions pas qu’à sa sortie très peu d’images de la créature en question avaient été montrées. Il s’agissait alors de deviner quelle sera la prochaine forme que prendra la créature, et les spectateurs allaient de surprise en surprise. La mise en scène n’est pas non plus pour rien dans ce procédé : Scott utilise très avantageusement les décors et les zones d’ombres pour nous montrer le moins possible de la créature. Ce n’est qu’une forme sombre et menaçante, qui surgit de l’obscurité pour dévorer ses proies. L’alien est un prédateur. Sa conception a été effectuée par l’artiste suisse H R Giger, célèbre pour ses oeuvres où se mêlent éléments mécaniques et organiques. Il crée sa bête à partir d’ossements et de tubes, lui donnant un look élancé à mi-chemin entre l’humain et le canidé. L’alien est aussi doté d’une tête à l’occiput allongé. Sa peau est sombre et visqueuse. C’est une vraie créature de cauchemar, noire et luisante, aux contours indéfinis.



Et si la bête semble parfaitement se sentir à l’aise dans les décors du film, il n’en est pas de même pour les humains. Les décors du Nostromo sont l’œuvre de Michael Seymour, et il arrive à rendre effrayant aussi bien les salles de commandes aux parois glacées que les « caves » du vaisseau, aux murs noirs et suintants.
A ce titre le film prend la dimension d’un véritable survival spatial. Le Nostromo devient un milieu hostile dès lors que l’alien l’infeste, et les personnages doivent alors tenter de survivre dans ce milieu. Les acteurs se révèlent excellents à ce jeu là. Tous nous livrent une prestation très crédible, Sigourney Weaver en tête. Ce n’est pas pour rien si son personnage de Ripley deviendra mythique.
La peur dans Alien fonctionne donc sur plusieurs niveaux : la peur de la créature, très viscérale, la peur du vaisseau et du danger qu’il cache, plus diffuse et enfin une peur très moderne qui agit à un niveau plus social : Car on finit par apprendre dans le film que le véritable ennemi n’est pas tant la créature, mais plutôt la société commerciale qui emploie l’équipage du Nostromo. Kafkaïenne, inhumaine, invisible et toute puissante, elle est prête à sacrifier l’équipage du vaisseau pour obtenir l’alien et en tirer profit. Les personnages du film deviennent « sacrifiables », ils ne représentent plus rien. Et c’est finalement là que réside la peur moderne, celle d’être exclus, éjecté du système et de ne plus rien représenter.
A ce titre Alien est un film résolument actuel, à la fois dans les thèmes qu’il brasse que dans ses effets spéciaux irréprochables. Presque trente ans après, le film n’a toujours pas vieilli et reste une référence incontournable du genre.
Plus pragmatiquement on constate qu’au niveau de sa forme, le film reste d’une redoutable efficacité. Les teintes du film, très sombres, ainsi que sa narration délibérément lente en font un film d’ambiance très impressionnant. Ridley Scott crée des personnages attachants et humains, puis les plonge sans pitié dans une atmosphère glauque et noire, où l’obscurité a une densité quasi organique. Sa mise en scène très précise ne souffre d’aucuns défauts et le réalisateur se révèle être un maître dans la gestion de ses effets : la créature est dévoilée progressivement, lentement, sans toutefois que les scènes chocs manquent ( pensons au passage particulièrement gore du repas !).
Bref, l’intelligence de son propos, la maîtrise de la mise en scène et le caractère universel des peurs qu’Alien suscite en font un chef d’œuvre du film d’horreur.
31.8.07 17:24


Nouveau truc...

 

 

Ca risque de prendre un peu de temps à finir (surtout que je bosse en ce moment, argh!), mais le crobard me botte déjà bien, y'a du gros monstre sympatique et des crânes aux yeux grimaçants et aux dents sinistres! pis avec des applats de couleurs ça donnera un effet un peu comic book qui risque d'être plutôt joli! on verra!

6.8.07 20:24


Vade retro spam minivillas

Sans doute vous ne les avez pas vu puisque je les efface aussitôt, mais des immigrés clandestins se sont infiltrés parmi mes commentaires! Ils sont de nationalité Spam et viennent de ce pays appelé "mini ville"...

Ces étrangers sont très dangereux puisque le simple fait d'afficher leur commentaire (en général il se résume à un mot ou même une image) nous renvoie directement vers une vitrine publicitaire de ce dangereux pays! Du moins chez moi ça le fait...
Donc je m'empresse donc de rédiger cette fatwa haineuse pour vomir tout le mal que je pense de ce truc!

Pour ceux qui ont la chance de l'ignorer, les "mini villes" sont la dernière engeance ludique créée par l'agence satanique et malfaisante "Motion-Twin"...
Qu'est-ce que cela? Motion Twin est une société qui crée des jeux en ligne, tous gratuits il me semble... jusque là pas de problèmes (même si les jeux genre tamagoshi me paraissent plutôt dangereux pour les cerveaux de ceux qui y jouent, enfin passons si ça les amuse...)

Mais voilà que Motion-Twin lance Mini ville!

Et là catastrophe parce qu'en guise de jeu il s'agit simplement de créer une ville, qui grandira au fur et à mesure que des gens cliqueront sur le lien vers sa ville... On ne peut rien faire d'autre une fois la ville créée que de la voir grandir... Le programme ne sert qu'à faire de la pub à l'agence qui l'a créé. Bref encore un truc qui fait travailler le cerveau...
Ce type de programme idiot ne permet donc finalement qu'un concours de bite bien lobotomisé (ma ville est plus grande que la tienne-euh nananère-euh) et qui fera j'en suis sûr régresser la population de notre pays (déjà pas très évoluée par ailleurs) au stade de l'enfance la plus crasse (c'est-à-dire celle où on s'abrutit devant des dessins animés et des jeux game-boyesques crétins plutôt que de s'inventer des univers en jouant). Mais le pire dans tout ça (et là où le truc prend une dimension réellement satanique) c'est que le phénomène ne touche pas juste quelques idiots qui n'ont rien d'autre à foutre que cliquer bêtement sur un lien, mais que les mini merdes se multiplient comme les pestiférés en l'an Mil ! C'est un véritable Buzz, et tous les djeuns suivent le mouvement sans réfléchir, tandis que les plus âgés se justifient par un "ouais je sais que c'est idiot mais je fais ça juste pour voir" propageant ainsi leur connerie plus hypocritement encore!
Ce phénomène endémique atteint même mon blog et ça je ne peux l'accepter!
Vous conviendrez donc, chers lecteurs, de l'utilité de lancer une guerre sainte contre ces infidèles qui propagent leur culte maudit! Brûlons ces chiens, arrachons leurs entrailles et décapitons leurs femmes!

Pfiou, ça fait du bien de cracher son fiel après le boulot!
Ce post est à lire au second degré!

(Non je ne metterais pas de lien vers ce truc, je ne veux pas vous pervertir!)

6.8.07 17:25


Transformers

 

Genre: Bien de consommation

Pays: USA

Année: 2007

Réalisateur : Michael Bay
Avec : Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel, Jon Voight...

Transformers, que dire sur ce nouveau blockbuster?
Que j’ai trouvé ça nul ? Non même pas, en fait j’ai trouvé ce film Insultant.
Parce qu’en fin de compte Transformers n’est pas un film raté (il suffit de voir le succès en salles pour s’en convaincre) et je me refuse à qualifier ce film de nul car je suis de ceux qui considèrent que les navets gardent une certaine noblesse qui les transcendent. Quelque part ils assument leur mauvais goût et le fait qu’ils l’exploitent au maximum (Pensons notamment au sinistre Virus Cannibale de Bruno Mattei avec ses stock-shots qui n’abusent personne, son pillage des films de Fulci et de Romero et ses scènes surréalistes... )
Transformers, lui, n’est même pas ça, j’hésite même à qualifier de film cette ode au consumérisme de masse.
En effet ce truc n’a rien à raconter et ne raconte rien. Il n'y a qu’un scénario prétexte à cacher un vide abyssal.
Rappelons rapidement ce scénario pour les chanceux qui auraient jusqu‘à présent échappés au matraquage publicitaire : C’est donc l’histoire d’un ado qui n’a d’autre but dans la vie que posséder une voiture et se « pécho » une nana. Sa rencontre avec une bagnole jaune qui s’avère être un robot alien venu de l’espace changera sa vie : La bagnole appelle ses potes boites de conserve de l’espace sur terre pour combattre d’autre boites de conserve (méchantes) afin de récupérer une sorte de rubik’s cube noir géant -alors qu’il en vendent pas cher à Cora, avec pleins de couleurs en plus- bref, les méchants meurent, l’ado a sa bagnole et il baise l’héroïne. Générique de fin.



Je ne m’étendrais pas sur le personnage débile qu’est ce héros auquel tous les djeuns de la planète sont censés s’identifier : caricatural à l’extrême, le scénario accumule tous les poncifs de l’ado nul en sport et malchanceux en amour pour aboutir à cette espèce de guignol pathétique et désincarné auquel même un mongolien trépané aurait du mal à s’identifier. (Pourtant les beaufs ont l’air de le trouver trop mdr lol). Saluons toutefois le casting : Shia LaBeouf (c’est pas possible ce nom, ça doit être une blague) a effectivement l’air pire qu’un mongolien lobotomisé et est donc parfait dans son rôle de débile. Tous les autres personnages du film sont aussi creux (Les marines virils, les agents secrets X files de la « septième section » qui ont moins d’expressions que leurs costumes clonés, la djeuns salope –encore que pour une fois l’actrice est jolie et ne ressemble pas à une poupée Barbie, dommage que son rôle soit si pourri- etc. ) et le scénario ne fait rien pour les mettre en valeur (normal y’en a pas, me souffle-t-on, c’est bien y’en a qui suivent).
Mais le pire ce n’est même pas les personnages (après tout Stallone n’a jamais eu besoin de personnages hyper intellectuels pour nous livrer de bonnes interprétations et des scènes d’action spectaculaires) mais la vacuité infinie de l’histoire. Le seul axe narratif du film étant pointé sur le cul de la belle convoitée par notre djeun’s, Bay ne sait plus trop comment remplir son film, il multiplie alors les seconds rôles et les sous intrigues dans une première partie totalement indigeste (rassurez-vous, la seconde partie est pire encore), molle, sans enjeux et sans aucun intérêt. Pour faire passer la pilule et tenter de cacher son absence totale de talent en matière de narration et de direction d’acteurs, le réalisateur remplit toute cette première partie d’humour beauf malvenu. Juste un exemple pour que vous puissiez bien saisir l’étendue de la catastrophe :
Une femme et son G.I. de mari parlant de leur fille :
-Elle rigole !
-t’es sûr que c’était pas un prout ?
Consternant
(Les beaufs se marrent)
Seuls les moins intelligents du public seront tombés dans le panneau et auront trouvé cette partie drôle et pertinente.



La suite, c’est à dire les scènes d’actions, est encore plus affreuse. Après ce début qui bande mou, ce n’est rien de dire qu’on n’en a plus rien à battre de l’histoire et qu’on espère plus que voir des robots géants qui se battent. Mais l’absence totale d’enjeux et de suspense rends toutes les scènes qui suivent totalement vaines et d’une futilité rarement vue à l’écran. Les mitrailles et explosions du film ne se justifient plus que par eux même et perdent de ce fait tout leur impact. On pourrait croire que Bay est en fait un grand gamin qui ne s’amuse à tout casser sur l’écran que pour le plaisir personnel que ça lui procure si effectivement ces scènes étaient mise en valeur. Mais ce n’est pas le cas, outre le fait que l’histoire du film les annihile, ces scènes de destruction et d’action ne sont même pas mises en scènes. Là encore, il n’y a rien à sauver. Bay tente maladroitement et avec l’adresse d’un gamin américain et obèse de cacher son manque total de notions en ce qui concerne la mise en scène.
La gestion de l’espace et les chorégraphies des combats sont des choses qu'il semble ignorer tant son film est illisible et laid. Les images sont si rapides que la rétine fatiguée du spectateur a bien du mal à y distinguer autre chose que des bouts de tôles colorés qui tourbillonnent à vous en donner la nausée.
Bref ce film est si futile, à la fois dans le fond (et encore je n’ai même pas parlé de toute la morale consensuelle que le truc véhicule) et la forme, qu’il stigmatise à merveille la déchéance de notre société sombrant dans le consumérisme idiot.
Parce que finalement je ne vois pas plus d’utilité a ce film qu’à un logo Nike sur un t-shirt. L’objet est totalement exempt de toute velléité artistique. Bay ne cherche qu’à combler les vides énormes de son film par des pirouettes pyrotechniques et des blagues d’un niveau plus bas que terre. Et ce qui me fait le plus peur c’est que le public semble non seulement apprécier ce genre d’arnaque, mais qu’il en redemande, comme si son cerveau handicapé et malade ne pouvait plus se satisfaire que de ce genre de produits insultants et manipulateurs.



Transformers n’est qu’un produit sans âme et sans talent, vide de toute substance, une jolie machine qui ne fonctionne pas, une bague en fer blanc plaqué or, un bête gadget sans utilité… ne faites pas comme moi, ne donnez pas votre argent aux types qui on fait ça !

enfin bon, en fait c'est un blockbuster assez classique, je m'énerve évidemment pour rien avec mon style pompeux, et si certains aiment tant mieux, mais c'est pas ma tasse de thé ce genre de machins idiots et technologiques...

2.8.07 19:09


Vous reprendrez bien un peu de cervelle?

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Kichiku

Kichiku dai enkai
Genre: Gore
Pays: Japon
Année: 1997
Réalisateur : Kazuyoshi Kumakiri
Avec : Shigeru Bokuda, Sumiko Mikami, Shunsuke Sawada, Toshiyuki Sugihara...

Ce film méconnu au nom étrange nous vient du japon. En occident, il doit sa maigre renommée à ses effets gorasses qui ont la réputation d'êtres particulièrement vomitifs et dégueulasses…
Et bien à la vision de l'objet en question, on est bien loin de remettre en cause la réputation desdits effets gores. Pourtant Kichiku n'est de loin pas un de ces films outrancièrement gore comme il y en a tant, qui sacrifie scénario et mise en scène au profit des seuls effets sanglants. Au contraire c’est une œuvre intense dont l’impact très fort doit autant aux maquillages et aux effets spéciaux qu’au scénario et aux acteurs.
Le synopsis est pourtant très simple : Dans les années 70, un groupe d’étudiants d’extrême gauche, dont le leader est en prison, est en proie à des luttes intestines entre les différents membres avides de pouvoir.
Comme on peut s’y attendre, ces luttes s’intensifieront au point de virer à la folie meurtrière pure.

Quelque part, il s’agit évidemment d’un scénario prétexte à montrer les excès barbares des personnages, parce que, pour son premier film, Kazuyoshi Kumakiri ne s’intéresse que très peu aux actes politiques du groupe. Pour autant cette dimension n’est pas complètement absente du film. En effet Kichiku s’ouvre par une sorte de long prologue ayant pour but de nous présenter les différents membres du groupe, leurs motivations et leurs personnalités. Loin d’être innocent, ce prologue baigne déjà dans une réalité malsaine et glauque qui augure les débordements de violence qui vont suivre et en même temps leur donne un cachet réaliste et les ancres dans un contexte social troublant. Les personnages, incarnés pour la plus part par des acteurs amateurs et des amis du réalisateur, ont tous l’air vrai. On est bien loin des personnages stéréotypés et idiots des films gores qu’on a l’habitude de voir. Et cette particularité exacerbe la dimension tragique que prend le film.
Autre originalité, Kichiku est un film d’étudiant. Kumariki est encore étudiant à l’Université des Arts de Osaka quand il réalise ce premier long métrage avec 30 000 dollars en poche. Le réalisateur affirme fréquenter l’université uniquement pour disposer du matériel qu’elle offre. Il ira même jusqu’à redoubler intentionnellement sa dernière année pour finir le film. Et ce qui est déjà impressionnant à ce stade, c’est l’utilisation judicieuse que le Kumariki fait de son maigre budget. L’image tournée en 16 mm possède ce grain si particulier qui ajoute ici a l’atmosphère pesante du film. Les décors ( des chambres d’étudiants, une forêt et une usine désaffectée qui sert de squat) possèdent ce même coté triste et sale qui pourrait faire passer Kichiku pour un film tourné dans les années 70.

C’est également à l’université que Kumariki récupère les bandes d’archives des manifestations étudiantes au japon dans les années 70 qui serviront pour le générique du film.
Celles-ci jouent aussi un rôle dans l’origine même du film. Le réalisateur y trouve son inspiration, de même que dans ce qu’on nomme « l’incident Asama Sanso » qui s’est déroulé en février 72 : des membres de l'Armée rouge unifiée (Rengô sekigun), un groupuscule terroriste d’extrème gauche, prennent en otage une femme et se barricadent dans une maison en montagne. La police japonaise finira par donner l’assaut et tuer les terroristes.
Mais ce qui semble finalement le plus pertinent, c’est sa rupture récente avec sa petite amie d’alors. En effet le film prend une dimension cathartique assez forte.
Car si le background politique est bien présent au début du film, Kumakiri ne s’y attardera que très peu. Ce qui l’intéresse d’avantage c’est de montrer comment le groupe finit par se disloquer et tomber dans l’ultra violence. Il entend ainsi mettre en garde contre les dangers des systèmes hiérarchiques et l’obéissance aveugle à un leader unique.
Or dans le film, ce leader est une femme. La seule femme du casting, et qui se révèle être une véritable salope manipulatrice, qui couchera avec tous les membres du groupe avant de sombrer dans une démence psychotique atrocement sanglante.
A n’en pas douter, Kichiku est un film assez misogyne, ce qui accentue encore le malaise qu’il produit chez le spectateur.

Et c’est donc dans ce contexte très lourd et pesant qu’éclate finalement la violence la plus brute. Une fois son atmosphère installée, Kumariki fait alors un étalage complaisant d’une violence brutale et gore, qui n’a en aucun cas le caractère réjouissant ou parodique de films qu’ont les Guinea Pig (autre monuments gores du cinéma nippon) ou Braindead (la comédie riche en décapitations et démembrements de Peter Jackson). Ici la violence est montrée de manière directe et frontale, sans détour. Le spectateur assiste à d’interminables tabassages à coups de poings et de pieds, à de complaisantes décapitations, à des castrations et à des atrocités pires encore. Le film prend aux tripes et le gore choque. Rarement une telle intensité aura été atteinte dans la violence tant graphique que psychologique. Les coups et les mutilations subies par les victimes s’accompagnent d’humiliations et de railleries sinistres.
Le but d’un film comme Kichiku est clairement de choquer et de mettre mal à l’aise, et le film remplit pleinement son office.
Le ton sérieux, la qualité de la mise en scène et le réalisme général du film installent ainsi l’ambiance propice pour que l’impact et la force des images gore soit la plus forte possible. Kichiku est une sorte de montagne russe vicieuse, avec pleins de virages et de descentes auxquels on ne s’attend pas. Un film coup de poing qui met mal à l’aise et remue l’estomac. A réserver aux amateurs de sensations fortes exclusivement.

27.7.07 17:19


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